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  • louisfure

Billet sur la question liturgique


La forme ordinaire du rit romain va prendre de nouvelles couleurs dans sa traduction française, plus proche du latin. Si cette initiative est certainement à saluer, il n'en reste pas moins que cela ne change finalement rien à la question de fond, celle de la réforme liturgique de 1969.


Pourquoi cela doit être et rester une épineuse question qu'il ne faut pas éluder? L'argument de dire qu'il existe plusieurs rits dans l'Eglise catholique et que donc nous pourrions avoir un missel de 1962 et de 1969 à égalité théologique est fallacieux. Les différents rites expriment, de façon assez similaires finalement, le mystère de la messe et sont attachés à une communauté de l'Eglise catholique, voir même en sont le principe : maronite, melkite, arménienne, chaldéenne, copte, syro-malabare...


Le rit romain est lui aussi attaché à l'Eglise latine et depuis le motu proprio Summorum Pontificum, il se décline sous sa forme ordinaire et sa forme extraordinaire. Ce langage juridique vient signifier que le missel de 1969 sert de façon habituelle et celui de 1962 de façon exceptionnelle. Le pape Benoit XVI avait raison de dire qu'il s'agissait de deux formes d'un même rit, signifiant qu'elles étaient toutes deux attachées à une même communauté. Mais cela montre aussi, par le fait même, une rupture dans l'héritage de l'Eglise. Les tenants de la forme ordinaire diront que cette liturgie peut s'adapter à la pastorale et faciliter beaucoup les choses, qu'elle est plus simple et plus abordable et qu'elle puise dans les sources du catholicisme, de la patristique, de l'Eglise primitive. Mais la liturgie qui doit être célébrée est avant tout celle qui exprime le mieux la théologie du mystère de la messe. Et il est faux de dire que les deux formes expriment cette théologie de façon égale et particulière pour chaque forme.


Particulière certes, valides toutes les deux aussi, mais égale dans l'expression du mystère, non! Après cinquante années d'utilisation du missel de 1969, les fruits en matière de foi chez les fidèles concernant la messe sont désastreux: méconnaissance partielle ou même totale de la notion de sacrifice, affaiblissement ou disparition de la foi dans la transsubstantiation, et jusqu'à douter de la présence réelle. La suppression des prières en bas de l'autel, la modification complète de l'offertoire, la fusion des prières du prêtre et de l'assemblée pour le Confiteor ou la Communion, en sont certainement des causes. Il faut ajouter à cela dans la pratique, la célébration face au peuple et l'usage quasi-exclusif de la langue vernaculaire.


Alors que pouvons-nous faire? Promouvoir, par des moyens adéquates, l'utilisation du Missel de 1962 ; de façon habile, non pas venant de l'extérieur des communautés paroissiales mais de l'intérieur. Car si les communautés Ecclesia Dei sont nécessaires, c'est à travers les paroisses et les diocèses, structures habituelles de l'Eglise qui devra venir le changement.

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